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Le 14 janvier 1797, la bataille de Rivoli  succède à la bataille du pont d’Arcole lors des opérations engagées entre la France et l’Autriche pour le contrôle de la ville de Mantoue et sa région. Si Bonaparte s’y illustre encore par son sens stratégique, c’est bien André Masséna et sa division qui vont jouer ici un rôle décisif…

Après la bataille du pont d’Arcole, la situation du général autrichien Wurmser, enfermé avec ses troupes dans Mantoue et resté incroyablement passif pendant la bataille, devient de plus en plus grave. Les vivres viennent à manquer, les hôpitaux sont débordés. Le gouvernement autrichien sait qu’il doit agir vite ou, à défaut, céder la place aux français.

En Autriche, le patriotisme reprend de la vigueur. On voit même l’Impératrice confectionner des drapeaux avec ses dames d’honneur. Les jeunes gens s’enrôlent en masse. En moins de deux mois, le cabinet autrichien parvient à reconstituer une armée solide, bien équipée et bien approvisionnée. Le général Alvinczy peut désormais, à la tête de 47 000 hommes, élaborer son nouveau plan de bataille. Avec le gros de ses troupes, il compte redescendre directement du Tyrol, bousculer les français par surprise et marcher sur Mantoue pour libérer la ville. Rien de vraiment nouveau sous le soleil d’Italie puisque c’était déjà son but avant d’être défait à Arcole… Mais cette fois, Alvinczy veut ruser. Pour tromper Bonaparte, il va faire exécuter une manœuvre de diversion en plaine pour forcer le général français à laisser le gros de ses troupes dans la région de Vicence et Vérone.

Justement, Bonaparte a reçu quelques renforts mais hésite encore sur le parti à prendre. Il est méfiant. Devant Mantoue, un agent secret autrichien a été arrêté porteur d’une dépêche informant Wurmser qu’il allait bientôt être libéré. Comme à son habitude, le général français a réparti ses troupes à quelques heures de marche les unes des autres et occupe lui-même une position centrale. Le général Augerau est à Legnano, Masséna sur Vérone, Joubert dans la région de Rivoli, Sérurier bloque Mantoue et Rey est tenu en réserve.

Mais où vont donc frapper les autrichiens ?…

Les prémices de la bataille de Rivoli, du 8 au 13 janvier 1797

Le 8 janvier 1797, Bonaparte est malade. Grelottant de fièvre, cassé de fatigue, il apprend d’Augerau que ses avant-postes sont attaqués par les Autrichiens à Bevilacqua près de Vérone. Malgré les conseils de son entourage qui le somme de prendre du repos, Bonaparte tâche de surmonter sa défaillance physique. « Vaincre le mal pour vaincre l’ennemi », dit-il.
Que se passe-t-il exactement ? L’action sur Augerau est-elle une véritable offensive de l’ennemi, ou s’agit-il d’une simple pique destinée à l’induire en erreur ? Il n’a qu’un moyen de le savoir. Il fait porter en avant Masséna et ses troupes. Le bouillant général repousse facilement les éléments autrichiens arrivés à son contact. Mais Augerau, plus au sud, continue d’informer sur une forte concentration autrichienne…
Le 9 janvier, Bonaparte ne bouge pas. Le 10, il semble toujours hésiter sur la conduite à tenir. Joubert a remplacé Vaubois au nord et indique que tout est tranquille de son côté. Les appels d’Augerau au sud sont de plus en plus pressants. Mais malgré tout, le général en chef français attend la nuit et ne bouge toujours pas. A Vérone, il reçoit un espion venu lui vendre les plans autrichiens. Ceux-ci confirment, contre l’évidence du terrain à ce moment là, que l’attaque principale se portera bien au nord, sur Joubert. Bonaparte tient sa décision.
Il donne l’ordre à son agent d’informer les autrichiens qu’il est lui-même occupé du côté de Bologne et que Joubert dispose tout au plus avec lui de moins de 10 000 hommes démoralisés. Et il attend, bien décidé à surprendre les autrichiens. Les 11 et 12 janvier sont des jours quelques peu incertains. Mais les français décident de s’en tenir aux plans dévoilés par leur espion. Le 13 janvier, Joubert, au nord, signale qu’il a été attaqué par des forces bien supérieures en nombre. Bonaparte a toute confiance dans ce général de grand talent. Lorsqu’il reçoit de ce dernier une autre dépêche lui annonçant qu’il a été obligé de se replier sur le plateau de Rivoli, il sait désormais avec certitude qu’il a bien prévenu la ruse des autrichiens. Mais rien n’est encore joué, bien au contraire. Il faut maintenant passer à l’action. Et le temps est désormais compté…
Comme à son habitude, Bonaparte va réagir avec une vitesse fulgurante. Le corps autrichien qui marche sur Vérone n’est que secondaire, mais il doit néanmoins être stoppé. Cette mission est confiée à Augerau. Dans le même temps, le général en chef français rassemble toutes les unités disponibles, soit environ 19 000 hommes, y compris les troupes de Masséna et la réserve de Rey, et leur impose une marche forcée vers Rivoli.
De son côté, le général autrichien Alvinczy ne se doute pas instant du mouvement français. Il est au contraire plutôt confiant. Sa ruse dans la plaine semble prendre et il compte tomber sur Joubert à Rivoli dès le lendemain avec ses 28 000 hommes. Certain de sa surprise et de son avantage numérique il espère, conformément à son plan initial, bousculer complètement les français et les forcer – enfin ! – à lever le siège de Mantoue.
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La bataille de Rivoli, 14 janvier 1797

En apprenant les consignes et les mouvements de Bonaparte, Joubert, qui avait poursuivi sa retraite, fait demi-tour et réoccupe le plateau de Rivoli. C’est la qu’il fait sa jonction avec Bonaparte, dans la nuit hivernale du 13 au 14 janvier.Il est alors 3 heures du matin. Il fait froid, mais le temps s’est levé. La lune éclaire tout le paysage. Les français observent les bivouacs ennemis. D’un commun accord, Joubert et Bonaparte jugent que l’attaque autrichienne n’aura pas lieu avant le matin, ce qui doit laisser le temps aux renforts français d’arriver. De plus, Alvinczy semble avoir divisé ses troupes, ce qui offre une sérieuse opportunité. Mais il ne faut pas perdre de temps.
Au nord du champ de bataille, la chapelle San Marco va représenter un point clé. Les français reprennent la position en accrochant très vivement les croates de l’autrichien Oskay. Ils vont ainsi empêcher les troupes autrichiennes présentes sur le plateau de faire leur jonction avec celles arrivant par la vallée. Car ce regroupement est bien le but des autrichiens. Alvinczy a prévu une manœuvre audacieuse. A sa droite, il envoie le général Lusignan droit au sud, vers Affi, pour qu’il puisse tourner les arrières français en se rabattant vers l’est une fois les avoir dépassés. A sa gauche, le Prince de Reuss doit descendre la vallée et le cours de l’Adige et, en pivotant vers l’ouest, rejoindre Lusignan et couper complètement la retraite des français. Un gigantesque étau. Au centre, Alvinczy veut lui-même enfoncer la petite armée de Joubert sur le plateau, grâce aux divisions des généraux Liptay, Knoblos et Oskay. Après avoir défait les français, il envisage d’aller plus au sud pour prendre Augerau en tenaille avec l’aide de Provera. Son but final est bien de casser le siège de Mantoue. Au petit matin du 17 janvier, il observe le terrain avec sa lunette. Les français, pourtant vertement secoués la veille, semblent étonnement combattifs. L’autrichien les pense motivés par l’espoir de quelques renforts. Sans plus attendre, il lance son attaque…

L’assaut autrichien

A 7 heures du matin, les troupes de Liptay donnent l’assaut sur le mont Tombarola, tenu par la gauche française. C’est le général français Sandos qui tient la position. Mais il est blessé très gravement et décède dès les premières minutes de l’engagement. Ses hommes commencent à reculer. Au centre, sur le plateau, l’autrichien Knoblos veut reprendre la chapelle San marco. Les troupes du général Vial tiennent bon. Le combat pour le plateau de Rivoli est lancé. Il est acharné. Mais les français tombent bientôt à cours de munitions. Et derrière eux, c’est l’autrichien Quasdanovitch, qui vient de descendre l’Adige sous les ordres du Prince de Reuss, qui menace dangereusement de couper leurs arrières. La situation française semble alors critique.
A 9h30, Alvinczy, qui observe toujours les combats, exulte. Les français semblent pris dans sa nasse. Il pense avoir déjà enlevé la partie. Mais voilà que se présentent sur le champ de bataille les premiers échelons de Masséna ! Ce diable de meneur d’hommes a fait marcher ses troupes toute la nuit, artillerie en tête. Sans attendre, il les jette dans la bataille. Les troupes de Vial, au bord du découragement, se rallient à ces renforts inespérés. Les hommes n’ont presque plus de munitions ? Qu’importe ! On charge les autrichiens à la baïonnette ! Le général Joubert, un fusil à la main, est à pied au milieu de ses soldats. L’assaut de contre des français parvient à stopper et même à faire reculer les autrichiens. Les combats sont féroces. Les autrichiens sont totalement surpris.

Le sort des armes bascule…

A midi, Alvinczy doit commencer à déchanter. L’étroitesse du terrain empêche ses troupes de se déployer convenablement et de faire jouer leur nombre. Et Masséna est désormais complètement engagé. Tous les généraux français donnent de leur personnes. Bonaparte a un cheval tué sous lui. Là encore, qu’importe ! Il remonte en selle et dispose lui-même son artillerie. Le feu des canons français prend en enfilade les troupes autrichiennes qui peinent à déboucher sur le plateau. Oskay et Knoblos sont stupéfaits. Une charge de cavalerie, emmenée par le chef de brigade Leclerc, finit de les déstabiliser. Ils tentent de se replier en ordre. Mais à leur côté, Liptay réalise la situation et craint d’être coupé. Lui aussi tente de se replier. Mais sous la pression française, le mouvement du centre autrichien se transforme bientôt en déroute.
Plus au sud, sur les arrières français, c’est le général Brune qui, en raison de son manque d’effectifs , contient avec peine les autrichiens du général Lusignan qui tentent toujours de prendre les français en tenaille. Mais le corps de réserve du général Rey arrive sur place en milieu d’après-midi et renverse diamétralement la situation. Les troupes de Lusignan sont complètement écrasées. Seuls 1000 à 1500 hommes parviennent à s’échapper en direction du Lac de Garde. Ils tomberont dans un défilé tenu par un capitaine français, René, qui avec moins d’une centaine d’hommes leur fera mettre bas les armes.
Il est maintenant 15 heures sur le plateau de Rivoli. Les français tiennent leur victoire et sont déchaînés. A la tête de quinze pièces d’artillerie judicieusement employées, Bonaparte n’est pas en reste. Lasalle, vingt et un ans, chef d’escadron, enchaîne charge sur charge comme un forcené. Ses deux cents hussards captureront un bataillon autrichien complet. Alvinczy voit son armée se décomposer et s’enfuir comme elle le peut.

La bataille de Rivoli : l’épilogue…

A 17 heures, la déroute de l’armée autrichienne est presque consommée. Le plan d’Alvinczy, totalement déjoué par Bonaparte, a complètement échoué. Mais plus au sud, l’autrichien Provera, qui ignore tout de la déroute de son chef, a poursuivi le plan prévu, passé l’Adige et opère désormais son mouvement sur Mantoue.

Bonaparte décide de laisser Joubert et 15 000 hommes exploiter la victoire de Rivoli. Il prend ensuite la tête de la division Masséna et, sans attendre, se rabat sur Mantoue.

Le 16 janvier, il est devant Wurmser dans les faubourgs de la ville. C’est la bataille dite de la Favorite. Wurmser est à nouveau défait. Il se retire une fois de plus dans Mantoue où il capitulera finalement le 2 février.

Bonaparte ne manquera pas de souligner la valeur de ses hommes en écrivant au Directoire : « Les soldats de l’armée d’Italie ont surpassé la rapidité, tant vantée, des légions de César ». Il a raison : en quatre jours, les troupes de Masséna auront marché plus de cent cinquante kilomètres et remporté pas moins de deux victoires. L’exploit est, encore aujourd’hui, à peine croyable. Soucieux de sa propagande, 

Après Rivoli, Masséna sera désormais « l’enfant chéri de la victoire »…

 

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La bataille de Rivoli, le 14 janvier 1797, oppose à nouveau la France à l'Autriche pour le contrôle de l'Italie pendant la première campagne de Bonaparte.

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Bruno Perrin-Turenne

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