La bataille de Dien Bien Phu 2 | Site d'Histoire | Historyweb bataille de dien bien phu La bataille de Dien Bien Phu (2/5) dien bien phu histoire historyweb 2
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Deuxième épisode de notre série sur la bataille de Dien Bien Phu. La première partie relatait le contexte de la bataille, la prise de la cuvette le 20 novembre 1953 par les paras français et la mise en place du camp retranché.

La bataille de Dien Bien Phu, l’attaque du Viet Minh (13-15 mars 1954)

Les prévisions des renseignements français transmises au colonel de Castrie sont exactes. Le 13 mars 1954 à 17h, le général Giap ordonne le début de l’attaque contre le camp retranché. Mais si les français avaient bien anticipé le lieu, le jour et même l’heure de l’attaque, ils vont être totalement surpris par la manière. Car le Viêt Minh ne donne pas immédiatement un assaut frontal d’infanterie. Prenant les français complètement au dépourvu, Giap déclenche en fait une formidable préparation d’artillerie sur le PA Béatrice, au nord-est du dispositif français…

En quelques heures, des milliers d’obus – près de 9000 tirés dans la nuit – s’abattent sur les légionnaires qui défendent la position. Béatrice est littéralement laminée. Le commandant Pégot et ses adjoints sont tués dès les premières minutes de l’engagement. Le lieutenant-colonel gaucher est tué peu de temps après par un obus tombé directement sur son abri. Les liaisons radios sont rompues, empêchant une riposte efficace de l’artillerie française. Puis les troupes de Giap se lancent à l’assaut en adoptant la technique de la vague humaine qui consiste à envoyer un maximum de soldats, au mépris des pertes, pour submerger l’ennemi par le nombre. L’assaut dure plusieurs heures. Les soldats Viet Minh font preuve d’un courage ou d’une abnégation incroyable. Ils sont souvent déterminés à la limite du fanatisme. Plusieurs se font volontairement sauter sur les barbelés français pour permettre à leurs camarades de passer plus facilement derrière eux. Sonnés, écrasés par le déluge d’artillerie, ans officiers, sans ordres, sans communications, les légionnaires défendent pourtant la position avec un courage et une énergie incroyables. Ils se battent férocement, la plupart du temps au corps à corps. A l’arme blanche. A mains nues. Mais ils doivent finalement céder devant les vagues successives et interminables des soldats du Viêt Minh qui n’en finissent pas de revenir à la charge en hurlant…

Vers minuit, Béatrice est prise.

La sauvagerie de ces premiers engagements va désormais être une constante pendant toute la bataille de Dien Bien Phu.

La formidable préparation de la bataille de Dien Bien Phu par le Viet Minh

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Pour les français, c’est un choc complet. Ils réalisent que, contre toute attente, le Viêt Minh est parvenu à acheminer, positionner et camoufler dans la jungle un grand nombre de pièces d’artillerie de 105mm. En fait, depuis plusieurs mois, le Viêt Minh a déployé en secret une activité de fourmis autour de la cuvette de Dien Bien Phu. Des pistes carrossables et piétonnes ont été ouvertes dans la jungle, et plusieurs dizaines de milliers de porteurs ont été réquisitionnés, souvent de force.
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Dans des camions, sur des milliers de vélos (français), à  pieds, à mains nues, le Viêt Minh est parvenu à se constituer une véritable logistique lourde au prix d’efforts incroyables. Les canons ont été hissés sur les collines à la force des bras. Lorsque les pentes étaient trop escarpées, ils ont été démonté et les pièces portées à dos d’hommes. Puis ils ont été soigneusement camouflés dans des bunkers invisibles.

Des dizaines d’abris et de tranchées ont été creusés. Des tonnes de munitions, de vivres, de matériel. Un tour de force inouï que les stratèges français n’ont absolument pas prévu. Le général Giap est désormais en mesure de livrer une bataille soutenue, loin de ses bases.

L’attaque sur Gabrielle, le 14 mars

Le 14 mars, vers 20h, là encore après un pilonnage d’artillerie particulièrement violent, deux régiments Viêt Minh montent en hurlant à l’assaut de Gabrielle, à la pointe nord du camp français, tenue par des tirailleurs algériens. Soumis au même déluge de feu que sur Béatrice, les tirailleurs parviennent pourtant à repousser plusieurs assauts. Les combats sont d’une férocité difficilement imaginable. Dans la nuit, Giap doit même suspendre l’attaque. Il fait à nouveau donner son artillerie, puis relance des troupes fraîches, selon la même tactique, au mépris des pertes déjà subies et à venir. Une opération de contre-attaque est lancée par les français, avec 6 chars, des paras du 1er Bataillon Etranger de Parachutiste et des parachutistes vietnamiens du 5ème BPVN – Bataillon de Parachutistes Vitenamiens. Mais ces renforts arrivent trop tard et, au petit matin, les tirailleurs de Gabrielle doivent définitivement abandonner la position.

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Le comportement des parachutistes vietnamiens lors de ces premiers affrontements de la bataille de Dien Bien Phu, et en particulier lors de la contre-attaque sur Gabrielle, est alors fortement critiqué par le commandement. Pourtant, cette unité avait été parachutée la veille en plein combat, subissant directement de lourdes pertes, et connaissait mal le terrain. Mais peu importe. Le 5ème BPVN est remanié à coup de rétrogradations sommaires. Il se battra pourtant avec courage jusqu’à la fin.

Le 15 mars, constatant l’implacable efficacité du feu Viêt Minh, le colonel Piroth, qui commande l’artillerie française, réalise que ses canons de 155 sont impuissants à contrecarrer les canons de l’ennemi. Il se suicide dans son abri.

La première phase de l’attaque Viêt Minh s’achève le 15 mars au soir sur un succès incontestable des troupes de Giap. Le verrou nord nord-est du dispositif français a totalement sauté. Mais au prix de très lourdes pertes. Vraisemblablement plus de 3000 morts côté vietnamien. Un carnage.

Les survivants de Béatrice et Gabrielle parviennent tant bien que mal à rejoindre le dispositif principal.

Au centre de la plaine, la rivière Nam Youn charrie des dizaines de cadavres…

Pour les français, la bataille de Dien Bien Phu s’annonce beaucoup plus difficile que prévue…

[ A suivre ]

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Deuxième épisodes du récit de la bataille de Dien Bien Phu. Les prévisions des renseignements français sont bonnes. Le 13 mars 1954 à 17h, le général Giap ordonne le début de l'attaque contre le camp retranché. Mais si les français avaient bien anticipé le lieu, le jour et même l’heure de l’attaque, ils vont être totalement surpris par la manière. Car le Viêt Minh ne donne pas un assaut frontal d'infanterie. Prenant les français complètement au dépourvu, Giap déclenche en fait une formidable préparation d’artillerie sur Béatrice...

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B. Perrin-Turenne

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