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La bataille de Dien Bien Phu, avant-dernière partie de notre série en cinq épisodes. Vous pouvez consulter le premier article ICI, le deuxième ICI et le troisième ICI.

La bataille de Dien Bien Phu : la bataille des cinq collines

Le 30 mars, Giap estime qu’il est parvenu à un niveau de réorganisation et réapprovisionnement satisfaisant. Il se fixe désormais comme objectif de prendre les collines au nord-est et à l’est du centre de résistance principal des français. Celles qui en verrouille l’accès. Ce sera la bataille des cinq collines.

Dans la nuit du 30 au 31 mars, une nouvelle formidable préparation d’artillerie vient en prélude à l’assaut des fantassins. En quelques heures, quasi simultanément, Dominique 2 et Eliane 1 sont submergées. Les défenseurs d’Eliane 4 et Dominique parviennent tant bien que mal à garder la tête hors de l’eau. Sur Eliane 2, la résistance des français et plus acharnées encore. Les combats sont d’une extrême violence. Les défenseurs peuvent encore bénéficier du soutien de l’artillerie d’Isabelle qui pilonne sans relâche les vagues d’assaut viet minh qui se succèdent au mépris des pertes. Au petit matin, le sol de la colline est littéralement recouvert d’un épais et sanglant tapis de cadavres.

Lors de ces violents combats, les troupes nord-africaines engagées sont fortement critiquées pour leur manque de combativité, parfois à tort. L’amalgame n’est pas justifié. Certains de ces soldats terrifiés vont refuser de reprendre la bataille en se réfugiant prés des bords de la Nam Youn. Mais d’autres se battront férocement, jusqu’au bout.

Le 31 mars que les français décident de lancer une série de contre-attaques pour tenter de desserrer l’étau Viêt Minh en reprenant les positions perdues la veille. Les parachutistes des 6ème et 8ème BPC parviennent à reprendre Eliane 1 et Dominique 2. Mais aucun renfort ne peut venir les relever et, la mort dans l’âme, ils doivent à nouveau céder les positions.

Plus au nord, ce sont les « Huguette » qui subissent bientôt l’assaut des fantassins vietnamiens.

Le 2 avril, le deuxième bataillon du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes est parachuté sur le camp. Les paras se jettent dans la fournaise alors qu’ils savent la situation irréversibles.

Le Viêt Minh s’acharne sur Eliane 2 pendant encore 4 jours. Le 6 avril, ses pertes sont si énormes que le moral des « bo-doï » commence à flancher. Certaines unités refusent même de remonter à l’assaut. Face à ce qu’il qualifiera de « mouvement droitiste caractérisé » Giap est contraint de temporiser. Il suspend les attaques frontales sur Eliane 2 et, pour enrayer immédiatement les véléités de défaitisme, il fait exécuter sommairement un grand nombre d’officiers jugés incompétents. Il en va de même pour tout soldat soupçonné de défaitisme ou de lâcheté.

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Mais la pression sur les défenseurs ne doit pas faiblir. Encore et toujours, le Viêt Minh continue de harceler les français avec son artillerie. Inexorablement, lentement, il poursuit son action d’encerclement et d’étouffement des positions françaises. De son côté, le Viêt Minh ne faiblit pas. Il creuse jusqu’à 400 km de tunnels, de sapes et de tranchées qui peu à peu grignotent complètement les collines. Un travail ingrat de forçat mais qui, à la longue, paie face à la résistance acharnée des français. Jour et nuit, les soldats vietnamiens montent à l’assaut. Sans relâche. Même tenu par la peur des exécutions sommaires, leur courage et leur incroyable abnégation est indiscutable.

Avant le début de la bataille, les français comptaient sur le soutien de leur aviation. Mais plus le mois d’avril avance et plus les raids aériens des chasseurs et des bombardiers français sont fortement perturbés par la mousson. Leurs bases sont très loin de Dien Bien Phu. Trop loin. Une fois arrivés sur zone, ils ont très peu de temps, faute de carburant, pour larguer leurs bombes, rockets ou napalm. Les pilotes sont contraints de le faire quasiment au jugé, en tâchant d’éviter les tirs meurtriers des mitrailleuses et des canons de DCA viet minh. Et pour éviter au maximum les avions français, le Viêt Minh effectue ses attaques principalement la nuit. Bref, pourtant puissante et compétente, l’aviation française est terriblement inefficace. Même les parachutages de vivres et de munitions perdent chaque jour de leur efficacité.

Entre les 9 et 11 avril, c’est le 2ème Bataillon Etranger Parachutiste est largué à son tour. Il va permettre une énième contre-attaque qui restera malheureusement sans effet pérenne. Un sacrifice qui ne fait que retarder un peu plus l’inexorable. Pourtant, les français ne renoncent pas. Dans l’impossibilité d’être relevés, ils manifestent un courage, une combativité et une résistance inhumaine. Les paras et les légionnaires n’ont de cesse que de tenter des contre-attaques sur les collines désormais fermement tenues par « les Viets ». Ils n’ont aucune chance de réussir et pourtant ils montent à l’assaut avec une bravoure incroyable. A l’arme blanche, à la grenade, ils engagent les soldats Viêt Minh au corps à corps en chantant la Marseillaise. L’artillerie donne tout ce qu’elle peut. Les canons français ne cessent de tirer et chauffent au rouge. Mais rien n’y fait. Faute d’ampleur et de soutien, les actions coup de poing des français sont au mieux limitées dans l’espace et dans le temps. Au pire, elles échouent dans la fureur des combats. La nuit, les fusées éclairantes, les balles traçantes et les éclairs des gueules de canon éclairent comme en plein jour. Impossible de se reposer. A bout de force, les soldats s’endorment d’un coup là où ils se trouvent, très vite tirés du sommeil par les tirs et les explosions.

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Dans les postes de secours qui ne sont plus que des mouroirs sanglants où l’on manque de tout, les chirurgiens opèrent sans moyens. Plus d’anesthésiants, plus de bandages, plus rien… Les officiers en appellent malgré tout à toutes les bonnes volontés pour continuer la résistance. Et beaucoup de blessés retournent au combat. Partout dans les positions françaises, les actes d’héroïsme se multiplient. Des actions d’anonymes, soldats, sous-officiers ou officiers, qui se sacrifient jusqu’à leur dernier souffle. Ils ne se battent plus pour Dien Bien Phu. Ils se battent pour leur honneur et leur patrie.

La bataille de Dien Bien Phu, le sacrifice

Chez les défenseurs, on espère une intervention massive des bombardiers américains pour casser les reins de la logistique du Viêt Minh. Mais les Etats-Unis fournissent déjà du matériel, des mercenaires et financent en très grande partie l’effort de guerre français. Une intervention directe de leurs avions risqueraient de faire entrer la Chine dans le conflit. Ils ne bougeront pas.

A partir du 20 avril, à l’arrière, dans et autour d’Hanoï, le commandement français organise en hâte des recrutements de volontaires. Des centaines répondent présents, sachant pertinemment que la situation à Dien Bien Phu est désespérée. Ils n’ont jamais sauté en parachute. Ils seront plus de 700 hommes a effectuer ce qui sera leur premier et dernier saut, la plupart du temps la nuit, dans la fureur des explosions et des balles traçantes. Ils n’ont aucune illusion. Ils savent pertinemment qu’ils vont au sacrifice. Beaucoup n’atteindront même pas le sol vivants… D’autres atterrissent directement dans les lignes Viêt Minh. Depuis longtemps déjà, les positions Viêt Minh sont trop resserrées et une grande partie du ravitaillement français tombe dans les mains ennemies.

Le 28 avril, le général Navarre lance une opération avec le concours des services secrets. C’est l’opération D. Une colonne de secours, essentiellement formées de 2000 maquisards mongs, quitte des bases au Laos pour tenter de percer l’encerclement Viêt Minh et évacuer le maximum possible de soldats de Dien Bien Phu. Mais il est déjà trop tard. Lorsqu’ils arrivent près de la cuvette, les officiers français qui encadrent les Mongs ne peuvent que constater que  le Viêt Minh a déjà donné l’assaut final. L’opération D ne récupèrera au final que 150 hommes qui parviendront in extremis à se réfugier dans la jungle après la reddition du camp.

Fin avril, les défenseurs de Dien Bien Phu sont à genoux. Et pourtant…

L’apocalypse est encore à venir…

[A suivre]

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Avril 1954, la bataille de Dien Bien Phu entre dans sa dernière phase critique. C'est la bataille dite des cinq collines. Le Viet Minh lance une série d'offensives simultanées sur les points d'appui encore tenus par les défenseurs. Harcelés de jour comme de nuit, les défenseurs du camp sont presque à bout. Et le pire reste encore à venir...
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B. Perrin-Turenne

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