L'affaire du collier de la reine | Historyweb affaire du collier L’affaire du collier de la reine – 1/3 affaire collier histoire historyweb

L’affaire du collier de la reine est peut-être le plus grand des scandales ayant touché directement la monarchie française après l’affaire de la tour de Nesle et l’affaire des poisons. Pour comprendre cette rocambolesque histoire d’escroquerie qui a secoué la France de la fin du XVIIIème siècle jusque dans l’entourage intime de Louis XVI, il faut tout d’abord remonter en 1772.

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Portrait de Madame du Barry

A cette date, le roi Louis XV est fou amoureux de celle qui est sa dernière favorite : la comtesse du Barry. Soutenue par le puissant parti des dévots, Madame du Barry exerce une influence certaine sur le roi mais se heurte à l’hostilité d’une toute jeune femme : la Dauphine, la future reine Marie-Antoinette, arrivée à la cour en 1770. La jeune femme, brutalement arrachée à son Autriche natale, est perdue dans la jungle sauvage de la cour de Versailles. Très influençable, elle est très vite prévenue que Madame du Barry n’est pas « reconnue » par le parti lorrain, grand rival des dévots à la cour. Précisons que Marie-Antoinette, par sa naissance autrichienne, est justement de la maison de Lorraine. Encouragés par les filles de Louis XV qui exècrent la favorite,  les partisans lorrains dressent pour Marie-Antoinette un portrait des plus noirs de « la du Barry » :  scandaleuse, vulgaire, libertine, sournoise, comploteuse…
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Portrait de la jeune Marie-Antoinette

Ainsi dûment prévenue, Marie-Antoinette refuse ouvertement, et devant toute la cour, d’adresser la parole ou même un regard à Madame du Barry, ce qui constitue une offense grave dans un Versailles où les rumeurs et le qu’en-dira-t-on font et défont les réputations au grès des plus basses intrigues…

Bref, les deux femmes sont loin d’être les meilleures amies du monde. Bien évidemment, ce cruel jeu de cour n’a d’autre but que de renforcer l’influence des joueurs. Plus d’influence à la cour, c’est plus de pouvoir sur le roi. Plus de pouvoir, c’est plus de faveurs. Plus de faveurs, c’est plus de privilèges. Et plus privilèges, c’est plus d’argent. Dans ces conditions, il est absolument hors de question de céder un pouce de terrain à l’ennemi. Madame du Barry et ses partisans se doivent donc de réagir.

Et ils vont très largement aider à propager les pires ragots et rumeurs sur la futur reine et ses comportements dépensiers,  frivoles, voire… déviants… Une ambiance bien sympathique qui va contribuer plus tard servir de toile de fond dans l’affaire du collier.

Ceci étant posé en petit préambule incontournable, le rideau peut se lever sur le récit  de cette extraordinaire « affaire du collier », qui est restée dans l’histoire comme le plus gros scandale du XVIIIème siècle en France.

Dans l’affaire du collier de la reine, il faut un collier…

Louis XV, très amoureux donc, décide d’offrir un cadeau somptueux à la comtesse du Barry. Il fait venir à Versailles deux joailliers parisiens parmi les plus réputés, ci-nommés messieurs Boehmer et Bassange. Il leur demande de créer un collier de diamants « inégalable ». Les deux hommes repartent à Paris certes ravis, mais à la vérité plutôt inquiets. Car dans l’auguste bouche royale, le terme « inégalable » signifie bien-sûr « absolument hors de prix ». Il va donc leur falloir être à la hauteur des ambitions démesurées du souverain. Bien évidemment, il n’est pas question à l’époque de faire signer au roi une quelconque demande écrite, un quelconque devis ou quoi que ce soit ressemblant de près ou de loin à une commande. Le privilège d’être choisis par Sa Majesté vaut tous les engagements du monde. Dans les semaines qui suivent, ils se mettent donc à la tâche et commencent à faire jouer leurs nombreux contacts pour réunir des pierres d’une qualité exceptionnelle, ne regardant ni au temps ni à la dépense, quitte à s’endetter assez lourdement.

Mais voila, tous ces préparatifs prennent énormément de temps… Beaucoup trop même, car Louis XV meurt le 10 mai 1774 alors que le collier n’est pas encore terminé. Le jeune Dauphin accède au trône sous le nom de Louis XVI. Exit la du Barry, place à la désormais reine Marie-Antoinette…

La toile de fond de l’affaire du collier

Nos deux joailliers se retrouvent donc le bec dans l’eau, avec sur les bras une pièce rarissime encore inachevée mais dont la valeur est déjà si colossale qu’ils savent pertinemment qu’ils ne pourront pas la revendre facilement. Endettés jusqu’au cou, les deux compères n’ont toutefois pas d’autres choix que de terminer leur ouvrage. Au final, la pièce est d’une somptuosité exceptionnelle de 2840 carats. Mais qui va bien pouvoir leur acheter cette pièce hors de prix ?

Les deux bijoutiers ont alors une idée. Celle de la dernière chance : voyons… si le roi est mort…. hé bien…  « vive le roi ! » Ou plutôt « vive la reine ! ». Connaissant le goût prononcé de la jeune nouvelle reine Marie-Antoinette pour le luxe, les deux compères espèrent bien lui présenter leur collier et arriver à le lui vendre, ou tout le moins à convaincre le nouveau roi Louis XVI de le lui offrir.

Les deux compères, habiles commerçants, flatteurs invétérés et lobbyistes rusés fort bien introduits à la cour de part leur prestigieuse profession, parviennent à manœuvrer correctement leur barque et, en 1778, Louis XVI consent à présenter le collier à Marie-Antoinette pour solliciter la permission de le lui offrir. Boehmer et Bassange sont ravis. Ils entendent déjà les pièces sonnantes et trébuchantes remplir leur bourse mise au supplice par la fabrication du collier. Malheureusement pour eux, ils déchantent très vite car la Reine refuse purement et simplement de porter un bijou conçu pour une autre femme… à fortiori quand cette femme est la détestée comtesse du Barry. Dépités, les deux orfèvres éconduits tentent alors désespérément de vendre le fameux collier à l’étranger. Mais même après avoir frappé aux portes des plus grandes places d’Europe, ils ne trouvent aucun preneur. Mais ils n’abandonnent pas. Lorsque le dauphin Louis-Joseph naît en 1781, ils retentent leur chance auprès de la reine… qui refuse une nouvelle fois.

La toile de fond de l’affaire du collier est donc ainsi posée, avec en son centre une pièce d’orfèvrerie exceptionnelle au coût faramineux qui reste sur les bras lourdement endettés de deux orfèvres parisiens bien dépités et au bord de la banqueroute. Un collier qui va devenir le centre d’une incroyable arnaque. Le tout dans une cour de Versailles où les sourires de convenance et les couches de fards masquent à peine les couteaux qu’on aiguise lentement…

Le décor du scandale est dressé. Il faut maintenant que les principaux personnages entrent en scène…

A suivre… ICI

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Première partie du récit de l'affaire du collier de la reine, rocambolesque escroquerie qui a éclaboussé jusqu'aux marches du trône de Louis XVI.
Published by: historyweb.fr
Date Published: 01/01/2015

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B. Perrin-Turenne

1 CommentaireEcrire un commentaire

  • […] Un contraste apparaît alors. D’un côté les fastes, les beaux habits, l’opulence et le gaspillage de ceux qui ont les moyens. La gestion en « bon père de famille » n’est pas la règle et cela se retrouve dans la situation des caisses de l’État. Versailles affiche un déficit qui inquiète. Le défaut de paiement menace même si la France a – comme d’autres pays – une certaine habitude en la matière puisqu’on dénombre pas moins de dix faillites entre le XVIe et le XIXe siècle (dont cinq au XVIIIe) d’après Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff (This Time Is Different). Pour autant s’il y a un déficit, le roi Louis XV souhaite quand même dépenser sans compter, afin d’offrir un (très) joli cadeau à Madame du Barry. Sont ici posés des éléments qui contribueront des années plus tard à l’Affaire du collier de la reine. […]

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